INVENTAIRE DES PASSAGES à LOUTRE AMÉNAGÉS

dans le cadre des travaux d'infrastructures routières

(aménagements existants et « points noirs » : sites « à risque »)

Passages aménagés pour les loutres

Trois causes principales apparaissent responsables de la régression de la loutre d' Europe (Lutra lutra) :

  • pollution des milieux aquatiques et contamination des chaînes alimentaires,

  • destruction des habitats

  • mortalité accidentelle.

Dans la majorité des pays européens, ce dernier facteur est majoritairement dû au trafic routier, qui peut s'avérer réellement problématique pour les populations de loutres dans certaines zones particulières de leur aire de répartition. La mortalité routière représente pour la loutre une menace directe en raison de son impact néfaste sur les isolats de populations et sur la libre circulation des individus recolonisant de nouveaux territoires.

Ainsi, à partir des années 1980, en Europe (dont la France), des aménagements spécifiques ont été mis en oeuvre à titre de mesures environnementales compensatoires, afin de tenter de réduire significativement ce facteur de menace chez la loutre.

Parallèlement, le problème de mortalité se pose aussi avec acuité au niveau de certains ouvrages préexistants (ou de certains tronçons routiers sensibles), d'autant qu'aucun moyen financier n'est prévu a priori pour y remédier (dans la loi française) : des « points noirs » pour la loutre peuvent être identifiés, des diagnostics de dangerosité des ouvrages et des statistiques de mortalité établis.

Des solutions sont préconisées sous les ponts et autres ouvrages hydrauliques, lors de la construction de routes ou sur des sites déjà repérés, pour maintenir ou restaurer une continuité des berges (fonction corridor, prévention de l' « effet barrière »). Ces recommandations sont diverses, parfois novatrices, mais les spécifications varient énormément :

  • nature ?

  • taille ?

  • hauteur ?

  • longueur ?

  • en rapport avec le gabarit de l'ouvrage ?

  • est-ce opérationnel ?

  • nécessaire dans tous les cas ?...etc.

Mais des suivis biologiques, cohérents sur la durée, ne sont pas toujours opérés pour tester l'efficacité de ces mesures et leur réelle fonctionnalité par rapport à l' objectif poursuivi. . En outre un second écueil pourrait aussi résider dans la mise en oeuvre d'aménagements compensatoires à coût certes plus réduit mais quelquefois inadaptés... voire inefficaces, tel que cela a déjà été constaté...

A partir d' un premier appel à contribution lancé par L. LAFONTAINE et G. LILES en 2002 au plan transnational dans le Bulletin du « Groupe d'Experts de la Loutre à l'UICN » (IUCN-OSG Bull., 19(1) : 21-24), une synthèse des aménagements spécifiques déjà réalisés, prenant en compte les paramètres biologiques, techniques et financiers, et du rendement coût/efficacité s'avère ainsi aujourd'hui absolument nécessaire : il s' agit d' évaluer, avec assez de recul, le niveau d'efficacité des aménagements spécifiques existants et rechercher le meilleur moyen de prescrire aux services routiers des recommandations plus adéquates et optimisées

Dans ce but, un projet de base de données sur les « passages (dits) à loutres » aménagés dans le cadre des travaux d'infrastructures routières a été élaboré. L'objectif vise à dresser un inventaire des aménagements existants et des sites « à risque ». A cette fin a été conçu un questionnaire de base (une fiche par aménagement), que vous pouvez ici obtenir en téléchargement (modèle Excell : fiche remplie à retourner à l' adresse suivante : base@reseau-loutres.org). Dès que suffisamment d' informations seront engrangées, un bilan pourra être mis en ligne sur ce site, avec mise à jour régulière des informations.