MÉTHODE D'INVENTAIRE DE LA LOUTRE

 

LA LOUTRE
de la source à la mer

Typiquement inféodée aux milieux aquatiques, la loutre a su en fait s'adapter à une grande variété de paysages : marais et tourbières en tête de bassin versant ou torrents de montagne jusqu'à 2500m d'altitude, rivières, canaux, étangs, fleuves de plaine, estuaires ou même... bord de mer et îles littorales, à condition d'avoir de l'eau pure et des sites non perturbés pour se reproduire en toute tranquillité.
La Bretagne est probablement la dernière région française où subsistent encore de nos jours une population de loutres côtières et insulaires. Aucune différence morphologique ne les distingue de leurs cousines de rivières, on observe simplement des différences de comportements du fait des marées et l'obligation de dessaler périodiquement leur fourrure en se baignant régulièrement dans de proches mares d'eau douce.

En bord de mer, la loutre d'Europe adopte son mode de vie aux conditions locales. La loutre du Pacifique (Enhydra lutris), strictement marine, est beaucoup plus massive que la loutre européenne.

Répartitions et zonations

a) aspects méthodologiques : les techniques d'inventaires loutre

La loutre d'Europe est un mammifère de grande taille, principalement nocturne, excessivement discrète dans le milieu naturel et dont les densités demeurent par définition généralement basses ( = s'agissant d'un super-prédateur : quelques individus aux 100 km2 / domaines individuels variant de 10 à 25 km de cours d'eau pour une femelle reproductrice, jusqu'à 40 km, voire plus, pour un mâle).

C'est la raison pour laquelle l'essentiel des informations scientifiques acquises sur l'espèce en Europe n'octroient paradoxalement qu'une place mineure à l'observation directe. En matière d'inventaire, ce sont essentiellement par ses indices de présence que des cartographies de répartition ont pu être dressées. Deux indices spécifiques sont principalement exploités sur le terrain :
- traces de patte (empreintes)
- dépôts olfactifs (épreintes), jouant un rôle important dans la communication intraspécifique (voire intraindividuelle). Ce matériel biologique spécifique, qui ne constitue parfois sur le terrain que le seul indice disponible pour attester de la présence et de la sédentarisation de l'animal, peut être ensuite exploité scientifiquement (étude du régime alimentaire, recherche de polluants, génétique moléculaire...etc.).

  • la méthodologie nationale

Bouchardy (1986) a détaillé le protocole de prospection mis en place en France. La méthode inspirée des Britanniques consiste à faire un certain nombre de pointages sur une unité de surface donnée. Le maillage choisi en France est celui de la carte IGN au 1/25 000ème, soit une surface de 140 km2 comprise dans un rectangle de 10 x 14 km. Après avoir sélectionné cinq points différents, bien répartis et couvrant des milieux les plus divers, il faut effectuer au moins 3 visites sur chacun de ces points, soit 15 pointages par carte au 1/25 000ème. Chaque pointage consiste à rechercher les traces de pas ou les épreintes sur une distance de 1200m, soit 300m de chaque côté d'un pont sur les deux rives.

  • adaptation à l'inventaire normalisé breton depuis 1986

L'inventaire préliminaire breton (période 1986-1990, compilant les données d'une centaine d'observateurs), ainsi que les données de réactualisation régulière, ont donc consisté à rechercher ces indices spécifiques dans la région, en adaptant la méthodologie française et celle préconisée par le Groupe d'experts de la Loutre de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN / OSG) (Macdonald, 1990; Reuther et al., 2000) :

INVENTAIRE LOUTRE : MÉTHODOLOGIE "STANDARD"
(Lafontaine, 1991, modifié d'après UICN) :

a) Méthodologie

1- sélectionner un secteur d'échantillonnage tous les x km de cours d'eau (selon précision souhaitée de l'inventaire, cf. infra), de telle sorte qu'à l'échelle du bassin versant l'ensemble des secteurs prédéfinis soient à peu près équitablement répartis, et qu'ainsi l'échantillonnage soit suffisamment représentatif.
2- sur chacun des secteurs définis, rechercher des indices de présence 300m. en amont et 300m. en aval, sur les deux rives
3- dès qu'un indice est découvert, le secteur est noté positif ; si au bout de 600m de prospection , aucun indice n'est découvert, on considère que le secteur est négatif.
4- pour être validées, ces opérations devraient être répétées trois fois dans l'année (période optimale : octobre à mars). Ceci signifie donc, a contrario, que toute prospection estivale négative (juin>septembre) n'est absolument pas significative.

b) L'ensemble des données obtenues (positives/négatives) est ensuite compilé sur report cartographique en choisissant une maille d'inventaire appropriée. Dans le cadre de l' inventaire régional, nous avons choisi une maille s'articulant sur des sous-unités de bassins versants, constatant que le cantonnement, l'erratisme ou la recolonisation éventuelle de l'espèce se calque sur le linéaire hydrographique correspondant. Ce faisant, nous avons repris le découpage défini par les Agences de bassin, en utilisant la maille de plus petite taille : la "zone hydrographique" (= sous-unité de bassin versant).
En Bretagne, la superficie moyenne des zones hydrographiques est de 96,6 km2, ce qui permet une précision moyenne d'inventaire équivalente à la norme utm 10x10, et supérieure à celle d'une carte IGN au 1/25 000ème (˜140km2). Des données numériques complémentaires sont disponibles, telle que la surface de chaque zone, ce qui, par sommation, permet de préciser le statut de l'espèce (somme des surfaces encore occupées à l'échelon régional ou départemental, estimations théoriques moyennes des effectifs correspondants).

Dans le cadre de l'inventaire régional (pour la Bretagne, plus de 30.000km2), on considère que l'inventaire est représentatif si au moins 2 secteurs sont échantillonnés par unité de surface de 100km2 (>3 = très représentatif); pour un inventaire local, on considère que l'inventaire doit être quatre fois plus précis, soit :
- un minimum de 3 secteurs prospectés / 25km2 = prospection très significative
- de 2 à 3 secteurs prospectés / 25km2 = prospection significative
- moins de 2 secteurs prospectés / 25km2 = prospection insuffisante

  • La Méthode de prospection standard de l'Otter Specialist Group de l'UICN

Le protocole standardisé de prospection de la loutre d'Europe a été intégralement révisé et consigné dans un document méthodologique publié en 2000 :
Surveying and Monitoring Distribution and Population Trends of the Eurasian Otter (Lutra lutra). Guidelines and Evaluation of the Standard Method for Surveys as recommended by the European Section of the IUCN/SSC Otter Specialist Group (2000).
Reuther, C., D. Dolch, R. Green, J. Jahrl, D. Jefferies, A. Krekemeyer, M. Kucerova, A.B. Madsen, J. Romanowski, K. Roche, J. Ruiz-Olmo, J. Teubner, A. Trindade. Habitat 12, Hankensbüttel (D), 148 pp.
On ne peut que conseiller la lecture de ce document fondamental à tout naturaliste prospecteur.

Voici, à titre d'exemple, le mode d'emploi pour consigner les données, tel que pratiqué en Allemagne, à partir de cette nouvelle méthologie standardisée (d'après R. Kühn, Aktion Fischotterschutz, 2003) :

Cette méthode se base sur le quadrillage UTM 10 x 10 km. Quatre points sont choisis au sein de chaque carré UTM de 10 x 10 km, un dans chaque quart. Ces points sont des ponts, quand il y en a, sinon un autre point facile à repérer. Dans la mesure du possible, les points sont choisis sur des cours d'eau différents au sein de chaque carré et les rivières sont préférées aux petits ruisseaux. Pour choisir les points, il est préférable de prendre des cartes à l'échelle 1/50 000 ou 1/25 000. Une portion de rive de 600 m de long est également prospectée à partir de chaque point. Ce tronçon est choisi par la première personne qui prospecte le point.
Lorsqu'au moins un de ces quatre points est positif, le carré est considéré comme étant positif.
Maintenant rien n'empêche d'affiner un peu le système si on souhaite avoir une vision plus précise de la répartition de la loutre, par exemple pour une région. On peut par exemple, choisir 8 points par carré et n'en garder que quatre pour les résultats au niveau national (choisis au préalable au hasard et pas nécessairement celui qui est positif). On peut représenter les résultats en utilisant des carrés plus petits.
Les prospections sont réalisées une fois par an entre septembre et décembre. Chaque prospecteur se voit attribuer des points selon le nombre et le secteur qu'il a choisi. Il reçoit ensuite des cartes sur lesquelles ces points numérotés sont indiqués (copies de cartes à l'échelle 1/50 000 ou 1/25 000 ou impressions à partir d'un CD-Rom) ainsi que des formulaires à remplir, un pour chaque point.
Ce formulaire peut être utilisé pour des méthodes autres que la méthode standard de l'UICN, c'est pourquoi la méthode employée est indiquée. Les coordonnées géographiques sont à indiquer par l'organisme coordinateur. Elles ne sont pas indispensables mais sont préférables pour éviter toute confusion dans la localisation du point.

Normalement, seules les personnes qui prospectent de nouveaux points doivent recevoir des formulaires vierges. Elles doivent y indiquer le numéro du point, la description du site, le nom du cours d'eau ou de l'étendue d'eau, le type (fleuve, rivière, fossé, lac..) et la largueur ou la surface. Le premier prospecteur doit aussi indiquer le type, la longueur et la largeur du pont. Les personnes prospectant des points ayant déjà été prospectés les années précédentes doivent normalement recevoir des formulaires où ces indications figurent déjà. Seul le niveau d'eau doit être noté à chaque fois, ainsi que la hauteur d'eau pour un pont particulier. Parmi les données relatives à la localisation du point prospecté, seul le nom du cours d'eau, de l'étang, du site doit être ensuite reporté dans la base de données qui est à retourner. Les autres données peuvent être utilisées pour des statistiques internes comme cela est fait en Allemagne. Ces indications peuvent également être très utiles pour retrouver le "bon point" d'une année sur l'autre, surtout si celui-ci est prospecté par une autre personne.
De l'autre côté est indiquée la portion de rive à prospecter (rive droite ou gauche, vers l'amont ou l'aval), choisie par le premier prospecteur sur place, selon l'état des rives, la présence de propriétés privées...etc. Le premier prospecteur doit indiquer son choix. Le tronçon à prospecter (par exemple: vers l'amont; rive droite) doit ensuite figurer sur le formulaire pour les années suivantes. Lorsque la prospection de ce tronçon pose problème (par exemple construction entre temps d'une clôture infranchissable, d'une maison...) et que l'on est amené à prospecter un autre côté, il faut également l'indiquer. Pour un plan d'eau, il faut indiquer si l'on se dirige vers l'ouest, l'est, le nord ou le sud à partir du point. Cette partie doit être remplie avec soin car il est important que ce soit la même portion de rive qui soit prospectée d'une année sur l'autre.

Les résultats : il faut tout d'abord indiquer si le résultat de la prospection est négatif ou positif et le cas échéant de quel type d'indice de présence il s'agit (épreinte, empreinte...) et le nombre (d'épreintes, d'empreintes...). Si l'indice de présence n'a pas été trouvé au niveau du point, mais sur les 600 m de rive, il faut également indiquer à quelle distance du point et s'il a été trouvé sous un pont (autre que le pont du point). Cette partie doit également être remplie avec grand soin. Il arrive que des prospecteurs oublient la case "résultat positif ou négatif" alors qu'il s'agit là de la donnée la plus importante. Le type d'indice de présence est également très important car celui-ci doit être indiqué dans la base de données à renvoyer.
La dernière partie concerne les coordonnées du prospecteur et éventuellement d'une autre personne qui détient un indice de présence cité (le cas se présente généralement lorsqu'il s'agit d'un cadavre).


b) résultats

A l'instigation de l'IUCN, les "inventaires loutre normalisés" se sont généralisés dans divers pays européens à partir des années 1980. C'est ainsi qu'à l'automne 1980, peu avant la création du Groupe Loutre français, Jim & Rosemary Green (Vincent Wildlife Trust) ont exploré l'ouest de la France et le Massif Central pour un inventaire défini selon ce protocole. 15% des 315 sites visités se sont avérés positifs, ce qui les amena à estimer que le statut de la loutre (à l'époque) dans l'ouest de la France était analogue à celui de l'Angleterre ou du Pays de Galles, par opposition à celui de l'Ecosse ou de l'Irlande, où les pourcentages de sites positifs étaient beaucoup plus forts.
Concernant la connaissance de la répartition de la loutre en Bretagne, ces données pionnières des Green ont constitué le premier état des lieux chronologique! Ensuite, trois méthodes distinctes se sont succédées (cf. cartes diachroniques) :

• la première a consisté à cartographier à l'état brut les sites où l'espèce est estimée présente, indépendamment de tout maillage, en combinant des relevés d'indices et des résultats d'enquête auprès de la garderie fédérale de pêche et de chasse. Braun (1985) a ainsi cartographié 50 "sites" fréquentés par l'espèce en Bretagne, estimant les effectifs entre 100 et 150 loutres (2 à 3 individus par site).

• la seconde, inspirée pro parte de la "méthodologie française", consistant à inscrire les résultats engrangés dans le maillage des cartes IGN au 1/25.000ème, a prévalu jusqu'en 1988. Ces cartographies ont comptabilisé le "nombres de données" (positives ou négatives) par carte.

• la troisième a remis à plat toutes les données disponibles pour les recompiler suivant une maille d'inventaire s'articulant sur les sous-unités de bassins versants, (la "zone hydrographique", tel que détaillé en (a), à partir des fonds de cartes hydrographiques au 1/100.000ème de l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne), constatant que le cantonnement, l'erratisme ou la recolonisation éventuelle de la loutre se calque sur le linéaire hydrographique correspondant. En Bretagne, la superficie moyenne des zones hydrographiques est de 96,6 km2, ce qui permet une précision moyenne d'inventaire équivalente à la norme utm 10x10, et supérieure à celle d'une carte IGN au 1/25 000ème (˜140km2). Des données numériques complémentaires sont disponibles, telle que la surface de chaque zone, ce qui, par sommation, permet de préciser le statut de l'espèce (somme des surfaces encore occupées à l'échelon régional ou départemental, estimations théoriques moyennes des effectifs correspondants).
Ceci a permis d'élaborer la première carte d'inventaire "normalisé" (période 1986-1990; Lafontaine, 1991, in : La Loutre et la Route; Diren-Bretagne).
Durant cette période, sur le plan régional, 92 zones hydrographiques se sont avérées positives, totalisant une superficie de 9 938 km2 (soit 32,7 % du Bassin breton). Ont été décomptées 28 zones (= 3 366 km2) où l'on a observé un cantonnement important de l'espèce, 32 zones (= 3 310 km2) à cantonnement localisé et 32 zones (= 3 262 km2) où seule une présence sporadique a été enregistrée.

Ceci a permis de distinguer :
- un noyau central du Centre-Ouest-Bretagne chevauchant sur 5.600 km2 les trois départements bretonnants, et s'articulant de part et d'autre de deux importants fleuves côtiers reliés par le Canal de Nantes à Brest : l'Aulne à l'ouest et le Blavet au sud-est. Une estimation théorique moyenne des effectifs permet d'avancer une fourchette de 100 à 160 individus subsistant sur ce noyau principal, soit environ les deux tiers de la population régionale.
- deux noyaux secondaires : zones humides littorales du Blavet à la Loire (2 100 km2, de 30 à 50 individus; Rivière d'Étel, Golfe du Morbihan et Marais de Grande Brière notamment), Bassin de l'Oust
(1 001 km2, de 10 à 20 individus).
- trois isolats de population : sud-ouest du Finistère, populations côtières et insulaires du nord-ouest du Finistère (presqu'île de Crozon, Archipel de Molène; isolat particulièrement remarquable, rarissime aujourd'hui en France), enfin nord-est de la Bretagne.

Depuis 1990, ce travail s'est poursuivi, des cartes papier ont été régulièrement mises à jour et diffusées auprès du réseau de prospecteurs. La carte présente aussi (par un jeu de couleurs différent) les évolutions enregistrées depuis ces successives mises à jour en terme de répartition de l’espèce sur les bassins versants de Bretagne. L’inventaire a donc été poursuivi et étendu à l’Est de la Bretagne vers des zones qui n’avaient pas été systématiquement prospectées de façon standardisée depuis quelques temps, notamment sur l’Est des Côtes d’Armor & du Morbihan, et l’Ille et Vilaine.

  • les "ZPP-loutre" : Zones de Prospection Prioritaires

La réussite d'un tel programme repose sur la pérennisation des inventaires en particulier sur un certain nombre de bassins versants "stratégiques" aux marges de la répartition connue :
Côtes d'Armor : Oust, Lié, Yvel-Yvet, Meu, Rance.
Finistère : Penzé, Mignonne et Rivière du Faou, Aulne maritime, Odet, Goyen, Aven / Ster-Goz, Belon.
Ille-et-Vilaine : Meu, Aff-Oyon, Canut, Vilaine, Couesnon.
Morbihan : Evel, Loc'h, Rivière d'Auray, Oyon, basse Vilaine.

Différents bassins versants, définis dans ces ZPP-loutre ont ensuite été re-prospectés. Ce travail mené avec l’aide du réseau de bénévoles, a permis de confirmer la présence de loutre sur les bassins de l’Oust, du Lié, de l’Evel, de la Claie, du Canal de Nantes à Brest (Morbihan), de l’Arz et de l’Aff. D’heureuses découvertes, comme l’extension de la loutre sur une bonne partie du bassin de l’Oust, ont également pu être faites. Ces résultats sont donc très encourageants... Mais il est surtout intéressant de noter une part nouvelle de retour apparent sur des bassins en périphérie de ces derniers. A noter en particulier une extension remarquable dans les Côtes d’Armor (Gouët, Urne, Evron, Oust) ou même en Ille-et-Vilaine (Couesnon, Vilaine)! Toutefois, ces données trop récentes ne sont pas suffisantes pour préciser le statut de l'espèce sur tous ces nouveaux bassins : individus erratiques, sédentarisation effective, reproduction...? Un suivi régulier ultérieur permettra d'affiner les nécessaires connaissances. De nombreux bassins versants restent encore à couvrir notamment en Ille et Vilaine et à l’Est des Côtes d’Armor...

  • Système d’Information Géographique
    L’utilisation d’un logiciel SIG, dans le cadre de problématiques liées aux milieux aquatiques, est centrée sur l’exploitation d’une base de données des Agences de l’Eau, la BD Carthage qui constitue le référentiel français des eaux de surface.
    L’acquisition d’un SIG et de la BD Carthage permettent de poursuivre ce travail initié dès les années 80, la mise à jour des données pouvant être répercutée régulièrement sur carte. C’est également l’outil idéal pour poursuivre l’analyse multicritères de l’occupation de l’espace par la loutre (1998), en croisant les paramètres de qualité de l’habitat avec les données de répartition de l’espèce.

La BD Carthage v 3.0, Base de Données sur la CARtographie THématique des AGences de l’Eau représente le réseau hydraulique français. Elle est basée sur la codification hydrographique des Agences de l’eau mise en place à partir de 1968 et sur la BD Carto®, base de données vectorielles cartographiant le territoire français au 1/50 000ème.
L’inventaire régional Loutre et l’analyse multicritère de l’occupation de l’espace par cette espèce étant basé sur cette division du territoire en zones hydrographiques et tous les travaux s’inscrivant sur le linéaire hydrographique, l’utilisation de la BD Carthage comme référentiel géographique des eaux de surface est parfaitement adéquate. De plus, il sera aisé de représenter les données de l'inventaire Loutre régional aux formats utilisés pour les inventaires à échelle plus large (nationale, européenne).


REFERENCES CITEES :
Green, J. & R. (1981). The otter in western France. Mammal Review, 11 : 181-187.
Braun, A.J. (1982). Premier bilan de la prospection menée en Bretagne en 1981. Bulletin du Groupe Loutre, SFEPM, n°14.
Braun, A.J. (1985). La loutre en Bretagne, statut et répartition. Impact des aménagements, en particulier en rivière. DRAE-Bretagne, Rennes, 45pp.
Lafontaine, L. (1991). La Loutre en Bretagne : répartition par zones hydrographiques. Inventaire 1986-90. in La loutre et la route. Réseau SOS-Loutres / DIREN-Bretagne / PNR d'Armorique, 115pp.
Bouchardy, C. et al. (1993). Évolution de la répartition de la loutre d'Europe en France. SFEPM, Groupe Loutre, SFF-MNHN, 6 pp.
Reuther, C. et al. (2000). Surveying and monitoring distribution and population trends of the Eurasian Otter. Habitat, 12 : 149 pages.